Devenir capable autrement

Handicap : d'autres chemins pour grandir

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apprendre avec ses différences

Attention École signalisation CP Karim TATAI

Ce n’est pas parce qu’on est déficient mental qu’on a pas de capacités d’apprentissage. Ce n’est pas parce qu’on est devenu adulte qu’on ne continue pas à apprendre…. Ce n’est pas parce qu’on ne sait pas lire, écrire et compter qu’on ne se débrouillera pas du tout dans la vie. Ce qui est paralysant, c’est la peur de paraître ignorant … On ne peut pas être ignorant de tout, non plus, même si parfois on nous en met l’étiquette. (suite…)

Une maman d’enfant autiste se suicide : Halte au massacre

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La maman de deux enfants autistes se suicide en se jetant du 8 ème étage. Elle était « psychologiquement fragile »…. Fait divers classé….

Halte au massacre !!!!

A L’AIDE !!!!

Vous ne trouvez pas bizarre le nombre de fois où la maman ou les familles d’enfants autistes font la une des faits divers.

(suite…)

Autisme, formation, inclusion, ça va trop lentement

CP Karim TATAI

En France, nous les parents d’enfants autistes, nous avons souvent l’impression que tout n’est pas fait pour que nos enfants puissent avoir les meilleures chances d’évoluer et de s’en sortir, car finalement, ce qui nous intéresse, après la course au diagnostic, aux prises en charges de la toute petite enfance, c’est lui trouver une place, si possible dans une école, où il puisse apprendre, progresser, s’intégrer et devenir un adulte le plus autonome possible, ce que chaque parent rêve pour son enfant. (suite…)

Si Bill Gates avait été français, serait-il devenu l’homme le plus riche du monde ?

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Si Bill Gates avait été français, serait-il devenu l’homme le plus riche du monde ? C’est une question que l’on peut se poser, surtout quand  on sait que Bill Gates fait partie du club de l’autisme, même si c’est le petit club Gold, comme le dit avec humour Joseph Schovanec dans ses conférences. S’il avait été français, aurait-il pu aller à l’école, à l’université, créer Microsoft et devenir l’homme le plus riche du monde ?

Lorsque l’on voit en France, les parents d’enfants autistes se battre pour obtenir un diagnostic précoce, des prises en charges adaptées et éducationnelles, lorsqu’on voit les enfants autistes exclus de l’école ou intégrés pour seulement quelques heures par semaine, lorsque qu’on voit que l’hôpital psychiatrique est encore trop souvent la voie de garage proposée, comment ne pas se poser la question ? (suite…)

L’école pour tous, en France et à côté

l'Ecole pour tous, Loi 2005

L’école pour tous, c’est ce que nous promet, en France,  la loi du 11 février 2005. Qu’en est-il 11 ans après ?

Si l’on en croit les discours de madame la Ministre de l’Education Nationale, tout s’est bien passé, à part quelques cas isolés, pour cette rentrée scolaire.

Mais il se trouve que la réalité perçue sur le terrain par les parents, que ce soit devant les portes des écoles qui restent fermées aux enfants porteurs de handicap ou au mieux ouvertes, mais avec des prises en charges réduites à parfois 1 heure par jour, ou deux matinées par semaine, sans compter les rentrées scolaires qui peuvent se faire avec plusieurs semaines voir plusieurs mois de retard malgré des dossier envoyés dès le mois d’avril, il apparaît, qu’en France, l’école inclusive est très loin d’être une priorité de l’Education Nationale.

Grille 4 Exposition Autiste-Artiste 2014 Karim TATAI

Grille 4 Exposition Autiste-Artiste 2014 Karim TATAI Strasbourg

Et même, lorsque tout paraît bien se passer dans les formes, que l’enfant porteur de handicap a pu faire sa rentrée scolaire en temps et en heure comme les autres enfants, qu’en est-il du fond lorsque les Assistants de Vie Scolaire (AVS) ou les Accompagnant des Élèves en Situation de Handicap (AESH) sont recrutés la majorité du temps sans rien connaître, ni de l’autisme, ni aux autres formes de handicaps qu’ils doivent accompagner, avec la promesse du formation future trop peu tenue dans les faits. Ces AVS ou AESH, avec des contrats plus ou moins précaires, CDD à temps partiel, se retrouvent à la rentrée sans connaître l’enfant qu’ils doivent accompagner….

Grilles 3 Exposition autiste/artisteKarim TATAI Strasbourg

Grilles 3 exposition autiste/Artiste Karim TATAI Strasbourg

 

Mais tout va bien dans notre pays, la Ministre, Najat Vallaud-Belkacem, le répète dans tous les médias.Pourtant, pour les parents d’enfants handicapés, faire scolariser son enfant relève chaque année du parcours du combattant.

L’inclusion repose sur le droit de tous les élèves de suivre une éducation ordinaire. En France, c’est la loi du 11 février 2005. Une loi qui arrive avec bien de retard et qu’on ne s’empresse pas d’appliquer.

Et si au lieu de se persuader que chez nous,au pays du cocorico, tout va bien, nous regardions un peu ce qui se passe chez nos voisins.

Si l’on regarde à côté de chez nous, l’école inclusive, c’est possible, mais c’est avant tout une décision politique forte et courageuse engageant une réforme de l’école en profondeur. Voici quatre exemples qui pourraient servir de modèles à ce que devrait être l’école inclusive en France.

 L’Italie

Nous portons souvent notre regard vers les pays nordiques, mais le meilleur exemple se trouve tout près de chez nous, un peu plus au sud.

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CP Karim TATAI

En Italie, cette réforme a eu lieu en 1974. Elle a mis en place les conditions nécessaires pour supprimer les situations de marginalisation avec une collaboration plus étroite avec la communauté sociale et une participation plus importante des parents. Pour promouvoir la socialisation en milieu scolaire ordinaire, dès la fin des années 70, l’Italie a lancé une politique de suppression des classes différenciées et des écoles spécialisées (loi 517 de 1977). Actuellement, en Italie, il n’y a pratiquement plus d’écoles spécialisées.

Un des avantages de l’école inclusive en Italie réside dans la mixité des élèves et l’apprentissage d’une socialisation dans les deux sens..Les effectifs des classes qui intègrent un ou deux élèves à besoins particuliers est de vingt élèves au maximum au lieu de vingt-cinq pour celles qui n’en intègrent pas. Un enseignant de soutien (et non un assistant ou un accompagnant), ayant obtenu un diplôme de spécialisation est désigné dans un rapport de un pour un pour les situations graves à un pour quatre pour les plus légères. Cet enseignant de soutien programme les activités de l’élève en situation de handicap et définit les modes d’intervention avec les autres enseignants, ce qui nécessite une grande souplesse d’adaptation.

L’Italie est aussi pionnière dans la formation des enseignants. La loi de 1977 met l’accent sur la formation initiale et continue.La formation générale sur les besoins éducatifs particuliers fait partie du programme de la formation initiale des enseignants, Une année supplémentaire est nécessaire pour devenir enseignant spécialisé.

Waouh !!!! Ca change tout, non ?

La Suède

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CP Karim TATAI

Dès les années 60, la Suède a entamé une politique de désinstitutionalisation et actuellement, la plupart des élèves ayant des besoins spéciaux reçoivent un enseignement dans le système éducatif ordinaire.

L’accompagnement des personnes handicapées et de leurs familles dans une politique d’inclusion est particulièrement développé en Suède. Dès la naissance, des équipes mobiles et polyvalentes interviennent en substitution et en accompagnement des équipes médicales, accompagnant les évolutions physiques, sociales et psychologiques auprès de l’ensemble des cercles sociaux dans lesquels évoluent la personne handicapée.

Les élèves handicapés ayant une capacité intellectuelle normale sont intégrés dans l’école de base ordinaire et bénéficient en cas de besoin d’une assistance personnelle ainsi que de matériel d’aide adaptés  Les enfants les plus en difficulté sont dans des sections spéciales rattachées à des écoles ordinaires. Il y a deux formes de scolarité :l’école « séparée » de base pour les enfants avec un handicap intellectuel léger qui accueille 70%des élèves, et l’école dite « d’entrainement» pour les handicaps plus graves qui compte 30% des élèves.

En principe, tous les enfants handicapés sont scolarisés. Le soutien est en grande partie assuré par des enseignants spécialisés, intégrés dans les équipes éducatives de l’école

L’Angleterre

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CP Karim TATAI

En Angleterre, c’est en 1981 que la loi sur l’éducation  (the 1981 Education Act) a ouvert la voie à une participation plus large dans l’éducation ordinaire des enfants handicapés et de ceux ayant des «besoins éducatifs spéciaux ». Il existe plusieurs formules allant de la classe spéciale à temps complet à l’approche inclusive dans les écoles ordinaires en passant par la coopération entre écoles ordinaires et spécialisées.

Le «Special educational needs and disability act» a rendu illégale la discrimination envers les élèves en situationde handicap et la loi de 2005 (Disability discrimination Act) exige que toutes les écoles mettent en place une politique de l’égalité et de la différence, appelée un «disability equality scheme»

Dans un petit nombre de régions d’Angleterre, il n’y a pas d’écoles spécialisées et pratiquement tous les enfants fréquentent une école ordinaire. Dans d’autres régions, les écoles spécialisées constituent toujours une part importante du système éducatif.

Pour les enseignants, une formation complémentaire s’effectue après un an d’expérience professionnelle sur la base du volontariat. Presque tous les enseignants suivent des cours privés de courte durée.

En Mai 2016, le gouvernement a annoncé que tous les enseignants recevraient une formation à l’autisme.

 Le Portugal

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La loi générale sur l’enseignement de 1986 et le décret de 1991 garantissent les droits des enfants handicapés en matière d’éducation et d’accès aux écoles ordinaires. La loi précise que l’éducation spécialisée se réalise essentiellement au travers de divers modèles d’intégration dans des structures ordinaires.

Dès 1991, les écoles spécialisées deviennent des services de soutien pédagogique pour les écoles ordinaires, et des centres de ressources spécifiques pour la communauté sociale et éducative. Le Plan d’action pour l’intégration des personnes handicapées « 2006-2009 » incite à reconvertir les établissements scolaires spécialisés privés aussi en centre de ressources.

La formation initiale des enseignants à l’éducation des élèves à besoins particuliers correspond à soixante heures par an. Elle comprend des cours sur la diversité des élèves, les besoins éducatifs particuliers, l’adaptation des programmes, et le travail en coopération avec les parents. La formation complémentaire est obligatoire pour tous les enseignants spécialisés. Elle dure deux ans et comprend un enseignement général, spécifique, théorique et pratique.

pour en savoir plus La scolarisation de élèves en situation de handicap en Europe, CRID 2012

TIMOTHEE et l’Irlande

Tim, c’est cet adolescent qui s’est vu refusé il y a deux ans l’entrée de l’école, refus filmé par sa mère dont la vidéo fait le tour des réseaux sociaux. (6 millions de vues à ce jour et 120 000 partages) Après avoir été scolarisé pendant des année, l’accès à l’école lui a été refusé. Les services sociaux l’ont redirigé vers le circuit spécialisé et TIM a fini par se retrouver en hôpital psychiatrique, sous neuroleptique et contention. Eh oui, quand on proteste désespérément et fortement contre l’injustice, il reste la méthode vol au dessus-d’un nid de coucou. Pour en savoir plus

Timothée, deux visons du même enfant, en France et en Irlande

Timothée, deux visons du même enfant, en France et en Irlande

Sa maman a réussi à sortir Tim de l’établissement et a quitté la France avec lui pour essayer de lui offrir une autre vie que celle promise par le pays de l’Ecole pour tous. La France a été pointée du doigt par le  Comité des droits de l’enfant de l’ONU, et je ne parle pas ici des imbroglios juridiques à rebondissement, ce n’est pas le sujet.

Ce dont je veut parler c’est de l’accueil qu’a reçu Timothée en Irlande. Bien que ne parlant pas l’anglais et ayant dépassé l’âge légal de l’obligation scolaire, Thimothée a été scolarisé à temps plein avec l’accompagnement nécessaire à inclusion..

Et alors, on s’y met ? On peut rêver un peu ?

Rêver et souffler, arrêter ce parcours du combattant épuisant, ce bras de fer contre des services qui frisent souvent l’incompétence.

Des services sociaux efficaces qui détectent précocement les handicaps et difficultés inhérentes futures, un accompagnement précoce des familles dans les années pré-scolaires sur les plans physiques, sociaux et psychologique comme en Suède,  un accès à l’école en inclusion avec des enseignants spécialisés, une formation de tout le personnel enseignant au handicap, une formation d’enseignant spécialisé, la présence d’un enseignant spécialisé supplémentaire,  la diminution des effectifs de la classe en cas d’inclusion d’un élève en situation de handicap comme en Italie…

Les recettes sont là, il n’y a pas besoin de chercher midi à quatorze heures…. Et ça marche… Il suffit de copier…. Parce qu‘en France, la situation est désastreuse malgré tous les beaux discours de madame la Ministre de l’Education. Le handicap, c’est une mise de départ avec laquelle tous les enfants et les familles concernés font avec…. Arrêtons d’en rajouter encore avec la lourdeur et l’incompétence d’un système obsolète.

Construisons maintenant l’avenir de nos enfants.

 

autisme et école pour tous, au pays de Big Brother

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Nous les mamans d’enfants autistes, nous ne sommes pas des terroristes, juste des mamans d’enfants différents demandant, en ces temps de rentrée scolaire, l’application de la loi de 2005 pour nos enfants extra-ordinaires. En Italie, les enfants autistes vont à l’école comme les autres enfants, intégrés dans une classe normale, avec un enseignant de soutien formé à l’autisme, à plein temps avec eux si besoin. En Suède, les enfants autistes vont à l’école, en Angleterre 80 % des enfants autistes sont scolarisés…. On continue la liste ? (suite…)

Estelle Ast, passionaria de l’école pour tous

Estelle Ast, la lutte pour l'école pour tous, loi de 2005

Depuis que je suis Estelle Ast sur les réseaux sociaux, je suis subjuguée par l’énergie que dégage ce petit brin de femme….

Maman d’un enfant autiste, elle a connu, comme nous les salles d’attente, l’incompétence au bout de l’attente,  les rendez-vous aux calendes grecques, les couloirs des MDPH, des hôpitaux, l’espoir avec la nouvelle loi de 2005 et les plans autisme, le désespoir devant la non-application de cette loi et des plans autismes qui se succèdent sans vraiment qu’on y trouve du changement sauf dans les discours, le mur d’impuissance, les obstacles qui se dressent les uns après les autres,, la solitude…… (suite…)

LIBERTE, le cri de mon fils autiste

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Il y a sept ans, Karim n’était pas capable d’exprimer directement ses besoins, son mal-être, ses frustrations et ses souhaits autrement que par la violence. Chaque fois que quelque chose le perturbait ou n’allait pas dans le sens de ses désirs, il explosait. Et chaque jour, nous vivions dans la crainte de ses éclats de voix et accès de violence. Ses angoisses étaient telles qu’au centre, il était question de le mettre sous médicament, ce à quoi je n’arrivais pas à me résigner.

Mais Karim avait trouvé une autre façon de signifier ses états d’être que j’allais apprendre peu à peu à interpréter. (suite…)