Archives par auteur: Rita TATAI

Autisme, On the Spectrum, une série TV qui décoiffe !!!

On the spectrum-série-TV-France-TV

Zohar, Amit et Ron, autistes presque trentenaires vivent en colocation, dans un appartement de la banlieue de Tel Aviv, assistés par une accompagnante qu’ils peuvent joindre au téléphone et qui les aide à régler les problèmes qui peuvent survenir tant dans la colocation que dans leurs efforts, envie ou besoins à trouver un travail, s’y intégrer, nouer une relation amicale ou amoureuse….

Yael, l'accompagnante, Ron et Acher, le frère de Zohar

Tal YAKIMOV (Yael), Niv MAJAR (Ron), Ori GAT (Acher)

Au fur et à mesure des épisodes, les personnages s’intensifient, les situations cocasses ou dramatiques se succèdent, dévoilant le fossé de la différence et les limites des rêves d’inclusion. Oui, on peut sortir des institutions pour aller dans des appartements inclusifs au milieu de la cité, mais ce n’est pas pour autant que la relation à l’autre coule de soi… L’appartement reste un mini entre-soi ou s’exacerbe encore la solitude.

On the spectrum porte bien son nom car l’autisme est un spectre et nos trois colocataires ont très peu de points communs si ce n’est celui d’être autistes tous les trois.

Les dialogues, les situations, tout sonne juste.

 

Ron, Zohar, Amit et Eret

On the Spectrum, série TV, Ron et la voisine

Ruti HOLTZMAN (la voisine), Niv MAJAR (Ron)

Ron est asperger. Il souffre de phobie sociale et ne quitterait jamais l’appartement si l’une des conditions pour y habiter n’était d’avoir un emploi. Il passe des heures devant son ordinateur et se passionne de façon exclusive pour les essais de robots ménagers. Il est très doué en informatique mais est un accro des téléachats. Ses parents lui versent une pension  et seul son compte en banque vide et le manque d’argent pour continuer à acheter ses robots le motive à  chercher un emploi. Son accompagnante le prépare aux entretiens d’embauche et dès le premier épisode on comprend que malgré ses grandes compétences en informatique, trouver un travail va être très difficile pour lui. Une belle relation amicale nait avec la voisine du dessus,  qui elle aussi ne sort jamais de son appartement pour des raisons d’obésité grave… Deux solitudes, deux différences qui s’apprivoisent autour d’un intérêt commun… La seule vraie relation autiste/neurotypique amicale et réciproque de la série…

Zohar-Naomi-Levov-On-the-Spectrum

Naomi LEVOV (Zohar)

Zohar travaille dans un fast-food, elle y fait les préparations. A presque 28 ans, sensible, elle désespère de rencontrer un petit ami “normal” et sa naïveté l’amène dans des situations à la fois cocasse et tragiques…. Son grand frère Acher veille sur elle, à la fois protecteur, doux et à l’écoute, parfois surprotecteur, tranchant et sec… Il faut dire que s’occuper de Zohar empiète souvent sur sa vie personnelle et perturbe sa propre vie amoureuse. Zohar, au début de la série, en pince pour son orthophoniste, créant une ambiance ambivalente durant les séances… On la suit tout au long des épisodes dans sa quête d’un petit ami et surtout celle d’avoir enfin la vraie relation sexuelle dont elle rêve à corps perdu, au-delà des simples baisers amicaux dont elle ne se satisfait plus. On suit aussi sa relation avec ses collègues de travail, le décalage entre sa perception de leurs relations et la réalité de celle-ci.

Amit-Ben-Yosipovich-On-the-Spectrum

Ben YOSIPOVICH (Amit)

Amit lui, a une déficience mentale… Un esprit enfantin dans un corps d’adolescent attardé et obèse…. Un sourire suffit à illuminer son visage. Très accro à la prise de nourriture surtout sucrée, il adore prendre des jus d’orange et des croissants dans le même café où il s’éprend de la jolie serveuse qui montre de la sollicitude envers lui…. La relation va doucement glisser au harcèlement, ce qui posera des problèmes à Amit sans qu’il en prenne vraiment la mesure de la gravité.

 

Erez et Amit- Avi-Dangur et Ben Yosipovich-On-the-spectrumErez, vit encore en foyer… Il rêve d’habiter en appartement et fait tout pour réaliser son rêve. Il est souvent présent dans l’appartement et accompagne souvent Amit au céfé.

Performance d’acteurs

 

On peut saluer ici la performance d’acteur. D’ailleurs, après avoir été récompensé il y a deux ans par le Grand Prix du Festival Séries Mania de Lille la série a obtenu la Nymphe d’Or de la Meilleure Série TV, de la meilleure actrice et du meilleur acteur  au Festival de Monte-Carlo-2019.

Les Nymphe d'or à monte-Carlo pour Naomi Levov et Niv Majar On the spectrum

Les Nymphe d’or à monte-Carlo pour Naomi Levov et Niv Majar

Mais on ne peut s’empêcher de s’interroger sur le non choix d’acteurs eux-même autistes. La question s’est bien entendue posée et la production a préféré embaucher des acteurs dotés d’un sens comique. Niv Majar est dans son pays un acteur de stand up très connu.

Il est question d’une adaptation américaine où les rôles principaux seront interprétés par des acteurs autistes.

Mon avis

J’ai adoré… J’avoue l’avoir dévoré en une seule fois en me couchant à 4 heures du matin… Le lendemain a été dur… Depuis je l’ai revu et je l’apprécie toujours autant.. Les quatre profils très différents offrent une vue d’ensemble du spectre autistique, des difficultés de compréhension des relations et des problèmes de communication des personnes autistes. J’ai pu y glisser Karim, quelque part, entre Amit et Zohar, saupoudré d’un peu d’Eret et même d’un peu de Ron, même si Karim est très loin d’être Asperger. Néanmoins,je me pose des questions, non pas sur la série elle-même, qui sonne juste, tant dans les situations que dans la richesse des personnages, mais sur l’inclusion dont on parle tellement actuellement, sur les appartements partagés, dont on parle aussi et qui commencent à devenir réalité et alternatives possibles aux centres.

Ron-On-the-spectrumL’absence des familles me dérange. Il est juste question que les parents de Ron lui versent une pension (insuffisante pour sa frénésie de téléachat). Le père d’Amit qu’on ne voit pas intervient dans le moment délicat de la garde à vue. Seul Acher, le frère de Zohar est présent, veillant sur sa sœur… Yael, l’accompagnante du trio intervient pour régler les problèmes, mais elle n’est pas leur amie, même si elle reçoit leurs confidences. La relation est à sens unique. D’ailleurs son contrat est d’un an renouvelable et elle n’est pas sûre de rempiler. Il faut dire que son travail, indispensable, n’est pas de tout repos.

Vivre en appartement, comme en centre inclut donc la coupure d’avec sa famille ? Je trouve plus d’humanité alors dans le docu-fiction australien Love in the spectrum, où les familles sont présentes, bienveillantes, aidantes et compatissantes, représentant un vrai soutien durable pour l’adulte autiste qui cherche sa voie, son autonomie et l’amour.

Karim, autiste, routine, DVD et confinement

Click and Collect DVD Les visiteurs Karim TATAI

Cette semaine 1 du second confinement a été marquée par la fermeture des librairies, puis par extension, des rayons livres des hypermarchés puis jouets et bien sûr disques et DVD…. Pour Karim, 35 ans, autiste et déficient mental, c’est l’interruption programmée de l’une de ses routines principales : aller acheter son DVD de la semaine dans un hypermarché…..

Cela fait maintenant 20 ans que Karim va acheter son film le vendredi…. (suite…)

La grue, nouveau symbole de l’autisme en France

Grues-CP Karim TATAI Strasbourg

Bien sûr, il y a la journée de l’autisme, le 2 avril, où Tout est bleu pour l’autisme, les rubans, les vêtements, les chaussettes, certains monuments se parent de bleu, certains visages se maquillent en bleu …  L’autisme a aussi pour symbole les pièces de puzzles emboitées… Autant de signes qui nous rappellent joliment la cause de l’autisme, mais il me semble que la grue est en train de devenir en France le vrai symbole de la détresse des parents d’enfants autistes… (suite…)

Sept semaines d’aventure en Normandie pour Karim, autiste

Karim TATAI Mont St michel

Combien de fois en ai-je rêvé ? Combien de possibles ai-je échafaudé ? Permettre à Karim de partir quelques jours, hors famille, avec quelques personnes de son âge, hors de toute structure qui pourrait ressembler de près ou de loin à un camp de vacances organisé, que ce soit pour personnes handicapées ou non. Et cet été, Karim est parti pour 7 semaines d’aventures que je n’avais pas programmées… Quand la proposition est arrivée, il a fallut que je me décide très vite, car le départ était deux jours après…

Le feu d’artifice d’une longue histoire

Bien sûr, cela ne s’est pas fait comme cela, par miracle, même si cela l’a été un peu pour moi, pour nous. (suite…)

Avec le déconfinement, j’ai failli mettre mon fils Karim, autiste, sous médicaments

Karim-TATAI CP Patrick-Lambin

Pour ceux et celles qui connaissent notre histoire à Karim et à moi, vous savez comment, pendant toutes ces années, j’ai tout fait pour éviter de donner des médicaments à Karim, traquant ses angoisses, leurs causes et les solutions à apporter pour vivre dans un équilibre précaire, avec des hauts et des bas, plus ou moins haut et plus ou moins bas mais gérables, à la fois pour lui et pour moi (avec un grand merci à mon entourage)…. J’ai toujours su qu’un petit coup de vent pouvait déstabiliser cet équilibre mais c’est une tempête qui est arrivée, avec le confinement… A un moment je me suis dit que si je continuais ainsi, à la fin du confinement, il n’en resterait plus qu’un seul de vivant de nous deux et je ne pouvais pas dire lequel.

Et puis, finalement, on a passé tant bien que mal ces deux mois et le déconfinement est arrivé sans apporter le mot fin sur les problèmes…. (suite…)

Avec Karim, un confinement sous tension

Karim-TATAI-CP-Patrick-LAMBIN

Confinement, déconfinement et suites…. avec Karim, ses comportements répétitifs, ses accès de violence, sa force qui décuple quand il est en colère, le confinement n’a pas été de tout repos. chaque jour, l’équilibre précaire était à reconstruire, entre accompagnement et retrait…. Un confinement sous tension.

Depuis que Karim a décidé de vivre à la maison, il y a onze ans, sa vie s’est construite autour de routines, de petits rituels, repères temporels rythmant ses journées, les semaines, les saisons… Depuis 11 ans, j’essaye de donner du sens à ce qu’il vit, du liant entre différents événements pour qu’il y ait une cohésion et des cohérences dans sa tête…  Entre petites vérités, imaginaire, omissions, j’essaye de lui apporter un réel à la mesure de sa compréhension, de lui présenter un monde simplifié qui s’étoffe au fur-et-à-mesure de ses progrès et de son évolution…

Et la Covid 19 est passé par là…. Avec le confinement (suite…)

Mon droit au répit

Oui, comme toute maman d’enfant autiste, j’ai besoin de souffler. d’avoir quelques heures ou quelques jours où je n’ai pas à “gérer”  l’autisme de Karim, me ressourcer pour mieux faire face au quotidien. Pendant 10 ans, il a été externe en centre et c’est vrai que les 7 années d’internat ont été une vraie respiration qui m’ont permis de souffler et même de reprendre des études. Mais depuis que Karim vit avec moi,  je n’arrive pas à me résoudre à faire appel au Droit au répit. Bien sûr, il m’a été proposé plusieurs fois par des associations, mais ce qu’on me propose n’est pas conforme aux souhaits de vie de Karim adulte. (suite…)

coronavirus : des nouvelles de Karim après deux semaines de confinement

Eh, voilà, c’est la deuxième semaine de confinement pour Karim… Je viens vous donner un peu de ses nouvelles….

Après une première journée difficile et épuisante, une seconde pour s’apercevoir qu’il n’y avait plus personne dans les rues, Karim s’est installé dans ses routines modifiées… Sortir n’a plus d’intérêt pour lui car il ne peut plus causer à personnes et que les quelques passants auxquels il adresse la parole lui rappelle le respect de la règle du mètre de distance…. Là, finalement, on a eu un peu de chance… A part ses sorties, le confinement n’a pas trop changé son rythme de vie. (suite…)

2 avril, la journée mondiale de l’autisme

Et nous voilà déjà au 2 avril, journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme…..Une année est passée.Le quatrième plan autisme est en route depuis deux ans…. Et cette année, pour le 2 avril 2020, c’est le Coronavirus et le confinement qui se sont invités, changeant tous les calendriers et toutes les priorités aussi.

(suite…)

coronavirus : confinement avec Karim 33ans, autiste et déficient mental, jour 2

Si le confinement avait mal commencé le jour 1, il a été plus serein le jour 2.

Bien sûr, Karim vient plusieurs fois par heure demander quand c’est fini le virus… Parfois avec brutalité, parfois juste en questionnement…. Quand est-ce que les filles de l’atelier reviennent, ce qui serait signe de retour à la normale.

-Mon père, il va lui casser la gueule à ce virus (suite…)